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Founded: 28.10.2019
Added: 12.01.2021
Size: 3.82 Мб

Les cahiers Nat
Le h\351risson

Les cahiersNature - Culture 2 Les cahiersNature - Culture 3
Sommaire Editorial
La richesse de l’éducation à l’environnement peut se mesurer à
la diversité des approches en la matière : scientifique, systémique,
cognitive, ludique, sensorielle, créative …
Avec le soutien de la Région Rhône-Alpes, la FRAPNA Rhône trace
depuis quelques années un sillon original avec les cahiers nature
culture. Le lecteur est invité à parcourir un livret qui présente une
espèce animale sous divers aspects, naturaliste, historique, culturel
… tout en faisant la part belle aux illustrations et aux photos.
En choisissant le hérisson pour ce quatrième numéro des cahiers
nature culture, la FRAPNA Rhône nous propose de mieux connaître
ce petit mammifère insectivore et ainsi de concourir à sa protection.
Victime de l’ingestion de pesticides présents dans les jardins et les
cultures mais aussi du trafic routier, le hérisson, qui fait partie des
espèces protégées, connaît quelques soucis de cohabitation avec
les hommes. Ce cahier en tentant de rapprocher les citoyens de la
nature, interroge plus largement sur la place de l’environnement
dans nos sociétés.
Jean-Jack QUEYRANNE
Président de la Région Rhône-Alpes Député du Rhône – Ancien Ministre
Vous tenez entre vos mains le quatrième numéro d’une édition régulière de « cahiers Nature-Culture » conçus et réalisés
par la FRAPNA-Rhône. Notre association a souhaité élaborer des supports de sensibilisation et de découverte à travers des
approches très variées. Les cahiers Nature-Culture regroupent autour d’un même thème à la fois des résultats scientifiques, des
observations naturalistes, des éléments culturels (créations artistiques, photos, contes et légendes), des aspects historiques et
actuels des relations avec l’homme. Le thème pourra être un animal ou une plante, un groupe d’espèces, ou encore un milieu
naturel.
La FRAPNA-Rhône souhaite diffuser les résultats de ses études, qu’elles aient été faites bénévolement par des adhérents ou
des militants, ou encore dans le cadre de conventions avec des collectivités ou des entreprises (avec l’accord de celles-ci).
La vulgarisation de ces travaux ou le compte-rendu d’expériences concrètes contribuera à la nécessaire mutualisation entre
structures et personnes impliquées dans la connaissance et la protect
ion de la nature.
D’autre part, depuis des années, la FRAPNA Rhône s’est lancée dans un projet « culturel » où la sensibilisation, l’information,
l’éducation constituent des préoccupations majeures dans une lo
gique de partenariat comme par exemple :
•    le travail  avec  l’AMAC  (Antenne  Mobile  d’Action  Culturelle)  sur  les  «  Paroles  »,  soirées  conférences  où  la  parole  des  conteuses 
se mêle à celle des naturalistes ;
• les collaborations avec des plasticiens sur la Fête des Feuilles au Parc de la  Tête d’Or (depuis 2001) ;
•   l’exposition  Brins  d’Art  (soutenu  par  la  Région  Rhône-Alpes),  photographies,  dessins  et  peintures,  sculptures,  installations 
rassemblées  sur le thème  de la nature  et de  la biodiversité.  Ce  projet  faisait  suite aux 7 Biennales  Art et Nature  qui se sont  
succédées depuis 1985.
Ce concept nature-culture, qui revient dans divers contextes (land-art, art des jardins…) nous paraît aujourd’hui fondamental
pour « rapprocher » les citoyens de la nature. L’attractivité d’une approche plus artistique, plus culturelle, de la sensibilisation
à l’environnement est confirmée par l’intérêt porté par le public aux événements déjà cités. Cette approche contribue à la ré-
appropriation du patrimoine naturel et permet une vision culturelle sur les espaces et les espèces sauvages. Elle crée un lien
entre des milieux physiques plus ou moins connus et la société mod
erne, dans une vision « ethno-naturaliste ».
Le premier thème traité a été le castor et le deuxième les chauves-souris, le troisième concernait le blaireau ; il était temps de
se préoccuper du hérisson, un des symboles de la protection de la nature ! Le prochain mettra à l’honneur les orchidées, notre
premier cahier consacré aux végétaux. A noter que nos amis ardéchois et haut savoyards rentrent dans la danse, avec un cahier
sur la salamandre en Ardèche, et un sur le loup en Haute Savoie !
Ces cahiers visent une large diffusion :
• les collectivités ou les entreprises à l’origine des études ;
• le public spécialisé naturaliste ;
• les techniciens et élus.
Le souhait est aussi d’attirer un plus large public (enseignants, animateurs, associations…) à travers légendes, poèmes,
illustrations et anecdotes, et d’élargir les perspectives naturalistes à la dimension é
ducative.
Alors, qui que vous soyez, la FRAPNA-Rhône espère que vous trouverez plaisir et intérê
t à cette lecture, et que votre regard et
vos idées s’en trouveront (un peu) transformés.
les cahiers Nature Culture
Nature - Culture
2
Les cahiers
Quelle est donc cette bete avec
ce drole de nom... 4
... qu’ il ne faut pas confondre... 5
... qu’ on trouve ici et la... 6
... décrite depuis longtemps déja... 7
... bien ou mal, d’ ailleurs... 10
... qui n’ est pas la seule a se défendre
avec des piquants... 12
... qui se déplace... 17
... en risquant sa vie... 20
... mais bien présente dans les livres... 23
... dans les jeux de mots et les objets... 26
... et a la cuisine... 28
... comme dans les contes... 29
... et les dessins... 30
... ou la vie de tous les jours... 31
... et tout se finit en chansons... 33
... et avec les enfants. 34

Les cahiersNature - Culture 4 Les cahiersNature - Culture 5
Recherches étymologiques
Quelle peut bien être l’origine du mot hérisson ?
Petits aperçus à travers une prospection bibliographique au
cours du temps.
• Dictionnaire universel (de Trévoux), 1743, t. III,  p. 1194 :
Hérisser : Guichart dérive ce mot de hérisser du grec […], qui veut
dire poil…
•  Greimas  A. J.  ,  1980,  Dictionnaire  de l’ancien  français  jusqu’au 
milieu du XIV
e siècle,  Larousse,  p. 333 :
hericier  :  verbe  (1175, Christian  de Troyes  ;  latin  populaire  *eri-
ciare, de ericus, hériçon, doté d’un h expressif. Hérisser, couvrir
d’aiguillons.  heriçon  nom masculin  (début XIIe., Psautier  de Cam-
bridge).  1°  Hérisson  – 2°  Poutre  armée d’une pointe  de fer  qui 
tourne  sur un pivot  et défend  une porte  de ville  – 3°  Epine.  heriço-
ner verbe (1160) 1° couvrir d’aiguillons – 2° Garnir de hérissons. • 
Trésor de la Langue Française,  1981, CNRS,  t.9, p.784 :
Hérisson  :  Dérive  avec le suffixe  –on*, d’un  ancien  français  eriz* 
(confirmé par l’ancien provençal aritz, l’italien riccio, l’espagnol
erizo) issu du latin classique ericius « hérisson », machine de guer -
re composée d’une poutre hérissée de pointes de fer. Un bas-latin
*ericione  aurait donné  *erçon  en ancien  français  (FEW, t.3,  pp 
238-239…).  Le H initial probablement d’origine expressive.
•  Duhoux  Yves, 1997,  Aux  sources  du bestiaire  grec :  les  zoony-
mes  mycéniens,  p.173-202  ;  in  Les  zoonymes,  Actes  du colloque  de 
Nice de janvier 1997,  Université de Nice-Sophia-Antipolis :
Hérisson : le nom du « Hérisson » […] est d’origine indo-euro-
péenne  et pourrait  être tiré de celui  de « serpent  » […].  Il  est 
attesté par l’anthroponyme e-ki-no, gén. –no-jo (KN, PY).
•  Delamarre  Xavier, 2003,  Dictionnaire  de la langue  gauloise,  
p. 160 :
Les  noms  propres  Egeuis, Egenus,  Iginus,  Ignus,  ia,  ius  (*eg-ino-),  
Egidius,  Igillus,  contiennent  peut-être le nom  indo-européen  du 
hérisson  *eghi- pourvu  de divers  suffixes  comme dans d’autres 
dialectes : grec ekhinos ‘hérisson’… Egidios, los, etc seraient ‘le
Hérissel’.  Page 425,  Egino- : hérisson ?…
•  D’après  le site  http://fr.wiktionary.org/wiki/hérisson,  texte  non 
daté :
En  ancien  français  heriçon, dérivé  d’un ancien  *eriz (non attesté 
mais dont la forme heriçon suppose nécessairement l’existence)
+ suffixe -on, du latin classique ericius, de même sens. Le h en
français  est probablement  d’origine expressive.  On  a également 
proposé  un mot  du latin  populaire  *erictionem  (accusatif de *eric-
tio),  mais  une telle  forme  eût donné  *erçon  (cf. suspectionem  > 
soupçon).
Tout  à fait  à part,  une  communication  « Ours,  hérisson,  châtai-
gne »  par J-P. Dalberra  publiée dans « Les  zoonymes,  1997  » :  où 
l’ours  est un oursin  (hérisson  de mer)  et la châtaigne  la bogue.  
L’auteur analyse l’étymologie des appellations locales anciennes
.
Vous avez dit Hérisson ?
Oui mais lequel ?
Nous connaissons tous le mammifère insectivore et plus
précisément Erinaceus europaeus, le hérisson d’Europe.
On trouve le mot heriçuns dès le début du XII
e siècle. Mais
le nom de ce petit animal autrefois très commun a été
attribué à nombre d’objets.
Nous vous proposons un tour d’horizon d’autres hérissons :
- une personne revêche, d’un abord difficile (cf. le roman et le
film « L’élégance du hérisson » )
- du nom vulgaire de ce champignon qui pousse sur les arbres ?
- la poutre garnie de pointes de fer utilisée par les militaires,
servant  à barrer  l’entrée  d’une porte de ville  (vers  1155  et en 
1317 heriçon en langue oïl) ?
- le grappin à quatre becs utilisé par les marins ? (1678)
- de l’assemblage de briques placées de champ à la partie supé-
rieure d’un mur ? (en 1370 :  hireçon)
- l’assemblage de pointes de fer (ferronnerie) empêchant d’es-
calader un mur ou de franchir une clôture ? (1840)
-   d’un  objet  plus communément  nommé égouttoir  ? (1680  : 
égouttoir hérisson)
- de cet appareil garni de tiges ou de chevilles pour faire sécher
les bouteilles ?
- d’une roue dentelée de plusieurs chevilles de bois fichées dans
sa circonférence ? (1676 pour une roue dentée)
-   de cette brosse spéciale pour ramoner les cheminées ? (1866)
- en agriculture, de ce rouleau formé de disques hérissés de
pointes de fer qu’on emploie pour briser les mottes ? (1840)
-   de  la coiffure  féminine  à la  mode  sous Louis  XVI dans  laquelle 
les cheveux étaient maintenus dressés sur la tête par un cos-
métique puis poudrés ? (1780)
- de l’oursin ou hérisson de mer, classé comme poisson au début du
18°  et sensé  marcher  « avec  ses piquants  qui lui servent  de pieds  » ? -
d’un type de formation
des troupes militaires
pour constituer un
point de résistance ;
(1940,  communiqué  
du Général  Weygand),
- de l’enveloppe épi-
neuse de la châtaigne ;
- en travaux publics, étendre
une couche de cailloux
avant le béton…
-   des poissons des genres Balistes et Didon,
- à plusieurs espèces de coquilles du genre
Murex, M. ricinus, M.
histrix et M. nodus.
N’oublions pas aussi :
- le féminin, hérissonne, pour parler d’une plante voisine des
genêts (l’ajonc ?) ;  ou le nom vulgaire de la chenille d’une 
espèce de Chélonie, la
Chelonia caja ;
- l ’adjectif, hérissée, avec la noctuelle de l’artichaut et sa che-
nille hérissée tout comme celles des écailles ; hérissée aussi
une anémone avec des grandes feuilles rouges ;
- hérissonné pour parler du chat faisant le gros dos avec le poil
hérissé ;
- hérissonner, l’action de couvrir un mur avec des irrégularités
ou dresser ses plumes pour un oiseau.
Bibliographie :
- AUGÉ Claude,  Le Larousse pour tous,  1907-1908, p. 837 ;  
-   CNRT (Centre National de Ressources  Textuelles et Lexicales) (site www) ;
- Dictionnaire universel,  de Trévoux,  1743, tome III,  p. 1194 ;
-   MICHELET Pierre,  1719, Nouveau Dictionnaire français,  tome 1, p. 504 ;
-   NEGRE Ernest,  1991, Toponymie générale de la France,  rubrique 26872
-   TLF (Trésor de la Langue Française),  1984, CNRS,  tome 9,  pages 784 et 785 ;
-   D’ORBIGNY Charles,  Dict. Univ.  d’Hist.  Nat., 2
ème éd., 1874,  tome  VII, p. 118
Quelle est donc cette bete avec ce drole de nom... ... qu ’il ne faut pas confondre...

Les cahiersNature - Culture 6 Les cahiersNature - Culture 7
Un nom commun en France…
des hérissons partout…
En France, les langues locales désignaient le hérisson à partir de
la même racine que le français actuel mais avec une multitude de
prononciations  locales (cf. la  carte  de répartition  n°687 - hérisson 
de l’Atlas Linguistique de France,  Gilliéron et Edmond, 1902).
On  notait  toutefois  quelques  rares exceptions  :  à  l’est  des Alpes-
Maritimes,  en  limite  avec l’Italie  (communes  de Fontan  et Menton) 
et dans le nord du Pas-de-Calais (communes de Nort-Leulighem
et  Isbergues),  où  il y avait  confusion  avec le porc-épic.  Le  héris-
son  devient  « Igel  », son  nom  germanique,  dans  les deux  dépar-
tements alsaciens et la Moselle (Atlas Linguistique de l’Alsace,
1984,  carte 237).
… pour les communes et les lieux-dits,
• Deux communes auraient pour origine le mot hérisson.
-   Hérisson  dans l’Allier  qui proviendrait  de Ericioni  castello  (1099-
1108),  puis  Hericione  en 1317.  Serait-ce  en référence  à ses  rem-
parts pourvus de créneaux hérissés ?.
-  probablement  Hirson (Aisne)  qui se nommait  Iricio en 1136,  
Irezun en 1183 et Hirechon en 1243.
•  Les  lieux-dits  nommés Hérisson  ne sont  pas très  nombreux  mais 
en  a t-on  fait le tour  ? Il  en  a été  recensé  dans les communes 
de Pougne-Hérisson dans les Deux-Sèvres, de Pierrerue dans les
Alpes-de-Haute-Provence, à Chantemerle-sur-la Soie en Charente-
Maritime, à Rouillac dans les Côtes-d’Armor, à Chazé-sur-Argos en
Maine et Loire et en Maine-et-Loire.
D’après S. Gendron, dans la Sarthe, Hérissonnière ou Hériçonnière
proviendrait de lieux habités par des personnes portant le patro-
nyme Hérisson.
… pour les rivières,
•  Quelques  rivières de France,  (quel  rapport  entre une rivière  et un 
hérisson ?),  portent un nom inspiré par l’animal.
- La rivière Hérisson dans le Jura, plus connue pour ses fameuses
cascades,
- Le Hirisson, torrent du Cantal passant à Chaudes-Aigues, -
La Risse, torrent de Haute-
Savoie, affluent du Giffre
passant à Saint-Geoire et qui
reçoit le Hérisson !!
… et aussi dans les noms de
familles (patronymes)
L’animal a été source d’inspira-
tion pour nommer les person-
nes, que ce soit pour leur aspect
physique, notamment la cheve-
lure, ou que ce soit pour leur caractère.
D’après  M.-T.  Morlet  et  le  site  geopatronyme.com  pour  la  répartition 
par département, on trouve encore en France des personnes portant
les patronymes suivants.
Hérisson. Patronyme centré sur la Sarthe et les départements le long
de  la Manche.  Ce  patronyme  est connu  par un acte  daté  de 1597.  
(Cf. pour Rhône-Alpes : http://www.senat.fr/senfic/herisson_pierre),
Hérichon circonscrit à l’Eure et Seine-Maritime,
Hirissou (Tarn et départements limitrophes),
Hérissé (Deux-Sèvres, Maine et Loire, Sarthe…),
Héricher (Seine Maritime, Calvados, Paris…),
Sans oublier les plus rares Hérichet, Hérissey, Hérichey ; et les
variantes Lehérissé (Côtes d’Armor, Eure-et-Loire, Manche, Som-
me…), Lehérissey (Manche…)…
Le sobriquet Hérichier en ferait-il aussi partie ?
A. Dauzat écrit : « les cheveux hérissés ont donné lieu à Hure, Huret,
Hurel, Huré, Hurot ; de l’ancien français hurer = hérisser (le Hérissé) ». Le
même  auteur, p.197,  rajoute  :  «  le  hérisson  s’est appliqué  aux caractères  
épineux :  Hérisson devient parfois Lhérisson,  Irrissou, Irissou ».  
Bibliographie :
- VINCENT  A., 1937,  Toponymie de la France,  p. 265 ;
- MORLET M.-T.,  1991, Dictionnaire étymologique des noms de familles,  p. 508 ;
- JOURDE P.,  2008, Le hérisson,  p.16 ;
-   DAUZAT  A.,  DESLANDES  G.,  ROSTAING  C.,  1978,  Dictionnaire  étymologique  des  noms 
de rivières et de montagnes ;
- DAUZAT et ROSTAING,  1963, Dictionnaire des noms de lieux en France ;
- DAUZAT  A., 1945,  Noms de famille de la France,  p. 184 ;
- GENDRON S.,  2010, Animaux et noms de lieux,  pp 71-72.
... qu’ on trouve ici et la... ... décrite depuis longtemps déja...
Descriptions et perceptions du Hérisson
par les Anciens
• Furetière, 1690, Dictionnaire Universel
H
é r i s s o n … vit de pommes et de raisins. Les Indiens vivent de
chair de hérisson qui est fort blanche, et qui ne cède point à cel-
les des poulardes engraissées. Et les plus riches Espagnols en
mangent le carême, à cause qu’il vit d’œufs de fourmis, d’her -
bes et de racines.
• Nouveau dictionnaire de français , Pierre Richelet, 1719,
tome 1, p. 504.
H
é r i s s o n . (herinaceus) le hérisson est un animal qui a la bou-
che semblable à celle du lièvre, et des oreilles semblables à celles
de l’Homme, qui a quatre dents, et qui a sur le dos et aux flancs
des piquants en partie blancs et en partie noirs, qu’il baisse ou
lève quand il lui plait… Il se cache tout l’hiver, et ne va chercher
à manger que la nuit. L’Hérisson est fort bon à manger.
• Dictionnaire universel (de Trévoux), 1743, tome III,
p. 1194.
H
é r i s s o n . On l’appelle en latin echinus, erinaceus, ericius, vel
hericius, herinaceus terrestris ou herix. Petit animal… qui est
armé de pointes ou d’aiguillons, comme des épines… Quelques
uns l’ont nommé pour cela le sPEROH de la prudence parce
qu’il se défend contre les autres bêtes… Et les plus riches Es-
pagnols en mangent le carême à cause qu’il vit d’œufs, de four -
mis, d’herbes et de racines. (cf. Furetière, 1690 : la « pompe »
ne date pas d’aujourd’hui !)
• Dictionnaire EtPRORJLTXH par M. Ménage, 1750 , tome 2,
p. 32
H
é r i s s e r . Hérisser son poil. D’ericiare, inusité, fait d’ericius,
qui signifie hérisson : d’où l’Italien riccio, qui signifie la même
chose. Et delà, riccio, pour le fourreau d’une chataîgne, et echi-
nus, des Latins, du même animal. H
é r i s s o n … Les anciens Latins ont appelé cet animal eres…
que l’on a écrit quelques fois par une H. … de cette manière
(est devenu) eres eris. La plupart des Nations de l’Europe ont
appelé porc cet animal. VoH]SRUFSL.
Porc-E’pic. Les Grecs l’ont appelé port’épine. Ceux qui pro-
noncent porc-épic, prononcent mal. Monsieur Ménage… aime
mieux faire venir porc-épic du mot épine ; à cause que les Es-
pagnols appellent cet animal puerco-espin, les Italiens porco-
spinoso et les Allemands stachelschawein (pointe et porc). Les
Anglais l’appellent aussi porcupine.
• Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle, D’Orbign
Charles, 1841/49, volume VI, 567.
H
é r i s s o n . Erinaceus. Mammifère… (suivent trois grandes
pages sur les dents)… ils n’emportent pas les fruits en les per -
çant de leurs épines ; il leur serait en effet impossible de se dé-
barrasser ensuite de leur butin… tout indique un être lourd et
indolent ; son intelligence est très bornée… sa chair n’est point
bonne à manger et il n’est emploPDLQWHQDQWDXFXQXVDJe ;
mais il était l’objet d’une chasse importante chez les anciens,
qui se servaient de sa peau comme de cardes pour peigner les
laines… Aujourd’hui les piquants sont emploVFRPPHSLn-
gles dans les muséums, pour les objets qui doivent être placés
dans l’alcool. Jadis on l’emploDLWHQPGHFLQHFRQWUHOLQFRn-
tinence d’urine… LemerGLWTXHVDFKDLUDERQJRWHWIRXUQLW
un bouillon diurétique et laxatif, et il rapporte diverses proprié-
tés attribuées à son foie, séché et pulvérisé.
Photo : Christian Maliverney

Les cahiersNature - Culture 8 Les cahiersNature - Culture 9 Les cahiersNature - Culture
9
Les cahiers Nature - Culture
8
Igel
Jeż
Ege l
Siil
Ezis
Ežiuk as
Siilin
Pinnsvinet
Er izo
Our iço
Iriqi
Sündisznót
Hedgehog
Hedgehog
Riccio
Sk atzókhi ros
Jež
Pindsvin
Tapaлeж
Arici
Jeж
Ježe k Ježe k
Igelkot t
Hedgehog
Drae nog
Tous les timbres sont issus de la collection 
de Stéphane Aulaguier.

Les cahiersNature - Culture 10 Les cahiersNature - Culture 11
Comme beaucoup d’autres
espèces, le Hérisson fait l’objet de croyances vé-hiculées à travers les
âges, et souvent d’un
auteur à l’autre, sans
vérification…
L’une d’elle, par exemple,
concerne l’accouplement.
L’existence des piquants sur
le dos et leur absence sur le ventre
avaient mené à conclure que les hérissons s’accouplaient face à
face.  Même  Buffon  reprend  le fait  sans  le vérifier.  Pourtant  si on 
se donne la peine d’observer, on s’aperçoit que les hérissons font
comme les autres animaux… Simplement les piquants sont alors
couchés sur le dos.
le hérisson grimpe-t-il aux arbres ?
Là  encore  Buffon dans son Histoire  naturelle,  disserte  longuement 
le fait mentionné par divers auteurs de son temps. Mais cette fois
il voit juste et conclut que ce n’est pas possible.
S’il n’est pas adapté pour grimper aux arbres, sauf configuration
particulière, le Hérisson n’en est pas moins capable d’une certaine
agilité. Par exemple il peut grimper des marches d’escalier, ou
escalader un petit muret pour peu qu’il présente suffisamment
d’aspérités, et même franchir un grillage à poules.
Pour descendre, il possède une technique bien à lui : le roulé-boulé
au sens propre ! En boule il se laisse choir, les piquants, de forme
courbée, faisant office de ressort.
Gamin, raconte un naturaliste, j’avais stupidement enfermé un hé-
risson dans le grenier de notre maison de campagne, où je le nour -
rissais de limaces. Un jour, ou plutôt une nuit, il trouva un orifice et
se laissa tomber sans mal dans la cour, cinq mètres plus bas…
le Hérisson qui récolte des fruits
Encore un cliché ! Le hérisson est supposé récolter des fruits (pru-
nes notamment) en se roulant dessus pour qu’elles s’empalent sur ses 
piquants.  Il  les  ramènerait  ensuite à son  gîte  pour  les manger 
tranquillement…  On ne comprend  pas bien  l’origine  de cette  lé-
gende : sans doute l’imagination ou le hasard d’un fruit tombé un
jour  sur un hérisson  ont-ils abusé quelque  naïf, et  l’histoire  s’est 
colportée, embellie, comme toutes les histoires…
Mais personne n’a jamais vu un hérisson se charger sciemment
de fruits sur le dos.
le Hérisson sait se fabriquer un imperméa-
ble en s’épinglant des feuilles sur le dos
Mêmes remarques que ci-dessus : remplacer le mot fruits, par le
mot feuilles… Et d’ailleurs la pluie ferait plutôt sortir l’animal en
quête de limaces.
Il existe deux sortes de hérissons
Une croyance tenace, qu’on retrouve curieusement aussi pour le
blaireau,  voudrait  que notre  Hérisson  d’Europe  occidentale  existât 
sous deux formes : le hérisson à museau de chien et le hérisson à
museau de cochon.
Si des variations minimes existent entre les individus, il n’a jamais pu être
défini  de manière  évidente  ces deux  formes  de hérissons.  Buffon  déjà 
avait cherché à rassembler des individus des deux types, sans y parvenir.
...bien ou mal, d’ ailleurs... Aujourd’hui, scientifiques et naturalistes n’admettent plus ces
différenciations sans fondement réel.
Françoise  Burgaud, dans  son article “Du  hérisson honni au hé-
risson  blason  de la nature”*,  cite  une  hypothèse  assez sédui-
sante : en automne, quand le hérisson a de bonnes réserves
de graisse, «sa physionomie change et son museau présente
des ressemblances avec un groin de cochon». En revanche au
printemps, l’animal amaigri par l’hibernation a les traits plus
marqués, et semble avoir un museau «plus long et fin, à l’image
de celui d’un chien».
Or  les  gitans  chassent  le Hérisson  en automne,  alors  qu’il est 
très gras, ce qui expliquerait que l’on appelle Niglo le hérisson
« à nez de cochon », et qu’on le considère comme le hérisson
«  bon  à manger  ».  Toujours  selon Françoise  Burgaud, il  sem-
blerait que le fait de consommer le hérisson soit une tradition
paysanne aujourd’hui reprise par certaines familles de gens du
voyage…
le renard sait ouvrir un hérisson
pour s’en nourrir
La légende est jolie : le renard urine sur le hérisson pour l’obli-
ger à se dérouler et pouvoir alors le tuer. Le renard a beau être
rusé, ou du moins passer pour tel, le raisonnement amenant à
un tel acte est pure invention et n’a jamais été observé.
Pourtant, il est exact que pour faire « s’ouvrir » un hérisson,
il faut l’arroser. Pas avec trois gouttes, mais carrément un bon
seau d’eau.
Par contre, si le renard ne sait pas faire, d’autres prédateurs
s’en chargent : en premier lieu le Hibou Grand Duc, qui sait
parfaitement peler le hérisson. Le blaireau sait utiliser ses lon- gues griffes comme un scalpel de chirurgien pour venir à bout
de 
l’animal.  Il  est  même  entendu,  sans  vérification  particulière, 
que là où le blaireau est présent, les populations de hérissons
seraient moins nombreuses. le hérisson est un grand consommateur
de vipères
Dans  son petit  atlas  des mammifères  (1947), Paul  Rode  (Docteur 
ès sciences, chef du service national de muséologie au Muséum
d’histoire naturelle) mentionne le fait que « le hérisson possède
une immunité naturelle contre les morsures de vipères dont il
fait  une  grande  destruction.  On  doit  le considérer  comme un 
animal très utile. »
*  in  Journal  d’Agriculture  et de  Botanique  appliquées,  1996,  vol.  
XXXVIII (2) :  pp 21 à 41.
Photo : Christian Maliverney
Photo : Hérisson publicité Spontex

Les cahiersNature - Culture 12 Les cahiersNature - Culture 13
J’ai des piquants, mais je ne suis pas
forcément un hérisson…
Piquants et épines sont plus généralement des moyens de défense sta-
tiques utilisés par les plantes, les animaux préférant généralement des
armes plus actives : griffes, cornes, pinces, dents et autres crocs…
Cependant au cours des millions d’années d’évolution, tout ce
qui était possible d’inventer ou d’expérimenter a été essayé. Pas
étonnant donc que quelques groupes d’animaux, peu nombreux
il est vrai, soient équipés de moyens de
défense passive c’est-à-
dire de piquants ou d’épines, à l’instar des plantes.
Le hérisson, ou plutôt
les hérissons (il en existe
plusieurs espèces) sont de ceux-là, mais aussi
les porcs-épics et apparentés (Coendous),
les échidnés, sans oublier les oursins qui ne
sont plus des mammifères !
Voyons de plus près.
Les oursins bon d’accord, on le sait ça vit
dans l’eau et ce ne sont pas des mammi-
fères, mais des Coelenthérés. Passons.
Les échidnés ressemblent aux héris-
sons, mais ce sont des marsupiaux, donc
des mammifères très primitifs, vivant en
Australie et appartenant à la classe des
Monotrèmes.
Les porcs-épics sont des mammifères appar -
tenant  au groupe  des rongeurs,  avec  2 familles,  les 
Hystricidae pour l’ancien Monde et les Erethizontidae
pour les continents américains. Une espèce, le Porc-épic à crête,
peut  se rencontrer  dans le sud  de l’Italie  et en  Sicile  où il fut  pro-
bablement introduit dès le Moyen Age. Ce ne sont donc même pas
des cousins de nos hérissons, mais des animaux que les hasards
de l’évolution ont équipé d’une armure de piquants ére
ctiles.
Les vrais hérissons quant à eux font partie des
insectivores et se
caractérisent, outre les piquants, par une dentition de type primitif
(dents peu spécialisées) particulière à tout l’ordre des insectivores,
dont font aussi partie nos musaraignes et la taupe. Quand on dit
les hérissons, c’est effectivement qu’il en existe plu-
sieurs en Europe.
D’abord « notre » hérisson bien connu et encore commun, celui
qu’on voit trop souvent sous une forme extra-plate, écrasé sur la
chaussée. C’est le Hérisson d’Europe occidentale ou Hérisson
commun,
Erinaceus europaeus pour les savants, et qui fait seul
l’objet de ce cahier.
Plus à l’Est (Autriche, Pologne, etc) existe un proche cousin, le Héris-
son d’Europe orientale
Erinaceus concolor , au ventre sombre et à la
poitrine claire, élevé au rang d’espèce il y a quelques années. Enfin en  Espagne,  aux  Baléares,  et  peut-être  dans  le  midi,  vit 
le Hérisson d’Algérie
Atelerix algirus ou Aethechinus
algirus
, très clair de corps et peu différent de notre
hérisson commun. Pour être complet, signalons un autre héris-son adapté aux zones arides et semi-déser -
tiques d’Europe orientale et du Moyen- Orient.  Il  s’agit  du Hérisson à grandes
oreilles
Hemiechinus auritus , qui sur -
prend quand on le voit, par ses longues
oreilles lui donnant un peu une allure de
lapin (!).
Tous  sont nocturnes  et recherchent  la 
fraîcheur, ce qui est normal au vu de leur
régime alimentaire : insectes, vers, limaces et
autres mollusques, sans oublier les bonnes oc-
casions qui se présentent et qui varient le régime.
Le Hérisson commun affectionne les secteurs à bon-
ne couverture végétale, avec des haies, des buissons, des
bosquets.  Bref  un parc  arboré  ou un paysage  jardiné lui convien-
nent très bien, surtout s’il y trouve la nourriture et des abris à
sa convenance (tas de
feuilles ou de compost,
tas de bois ou de bran-
ches, etc).
La futaie et les milieux
semi-arides sont moins
fréquentés.
Fiche naturaliste du Hérisson
Classe des Mammifères
Ordre des Insectivores
Famille des Erinaceidés
Genre :
Erinaceus
Nom scientifique : Erinaceus europaeus
Nom vernaculaire : Hérisson d’Europe occidentale
Appellation usuelle : Hérisson, Hérisson commun
Poids : 800 g à 1,2 kg
Période de reproduction : mars à août
Naissance des jeunes : mai-septembre
Nombre de jeunes : 3 à 7
Nombre de portées par an : 1,  parfois 2
Longévité potentielle : 8 à 10 ans
Longévité réelle (in natura) : 1 à 2 ans (?)
Sommeil hivernal : novembre à mars (variable selon météo)
Photo : Christian Maliverney
Collection D. Ariagno
...qui n’est pas la seule a se défendre avec des piquants...
...qui n’est pas la seule a se défendre avec des piquants...
...qui n’est pas la seule a se défendre avec des piquants...
...qui n’est pas la seule a se défendre avec des piquants...
...qui n’est pas la seule a se défendre avec des piquants...

Les cahiersNature - Culture 14 Les cahiersNature - Culture 15
Une vie de hérisson…
Si tout un chacun sait bien reconnaître l’animal, combien connais-
sent-ils comment  il vit  ? Il  en  est  souvent  ainsi des espèces  dites 
communes : elles n’attirent pas l’attention et ne suscitent souvent
que peu d’intérêt. A tort évidemment, car en ce qui concerne le
Hérisson, c’est plus compliqué qu’on ne l’imagine…
Le Hérisson est plutôt un solitaire, un vagabond du moins pour ce
qui  est du mâle.  Les  femelles  sont plus territoriales  et la surprise 
a  été  que  pour  les pariades,  les  mâles  peuvent  se réunir  sur des 
« aires de rencontre », venant parfois de très loin pour s’y livrer à
des sortes de joutes en vue de la possession des femelles.
La pariade elle-même est assez spectaculaire et bruyante : les
deux  partenaires  se font  face, le  mâle  tournant  autour de la fe-
melle  qui tourne  elle aussi  pour faire face au mâle,  lequel  émet 
des soufflements aussi sonores que surprenants ! Parfois plusieurs
mâles  peuvent  tourner autour d’une même  femelle.  J’ai  observé 
cette  scène  dans mon jardin  à Craponne,  le  10  avril  2005  à 22h,  et 
Erome l’a vu chez lui à Rillieux en août 2009.
La  distinction  mâle/femelle  est impossible  sans examen  de l’abdomen,  
ce qui est particulièrement difficile, eu égard à la tendance de l’animal
à se mettre en boule, dès qu’on le touche (dans l’ouvrage de Guy
Berthoud,  «   Le  Hérisson  »,  voir  biblio,  on  trouvera  une  méthode  pour 
retourner en douceur un hérisson sans qu’il se mette en boule…)
. La période du rut et des pariades se situe entre mars et fin août. La
gestation 
est de 5 à 6  semaines  et les  jeunes  naissent  donc entre  
mai et septembre.
Ces  derniers,  au  nombre  de 3 à 7, sont  mis au monde  enveloppés 
d’une sorte de membrane recouvrant les piquants, lesquels sont
mous  et blancs.  Ils  seront  remplacés  un peu  plus  tard par les pi-
quants foncés habituels.
La femelle met bas dans un tas de feuilles, de compost, sous des
fagots, dans une meule de foin, ou tout autre endroit abrité et à
forte végétation. Après trois semaines passées au nid, les jeunes
accompagnent leur mère au cours de ses pérégrinations noctur -
nes, et vers deux mois, ils sont indépendants.
Les naissances tardives cumulées avec des ressources alimen-
taires faibles ou diminuée par la sécheresse sont cause d’une forte
mortalité des jeunes dès le premier hiver.
Crépusculaires et nocturnes, les hérissons passent une partie de la
nuit à la recherche de nourriture. Celle-ci se compose de limaces,
insectes, fruits, restes alimentaires carnés récupérés auprès des
habitations, et y compris dans la gamelle du chien (le hérisson
parait aimer les croquettes pour chien et chat …). Les souris, les
cadavres, les œufs s’ils ne sont pas trop gros sont aussi consom-
més quand l’occasion se présente.
Le hérisson n’est pas immunisé contre le venin de la vipère,
mais lui présente une forte résistance, ce qui explique qu’il est
capable de la tuer lorsqu’il la rencontre, bien qu’il subisse des
morsures au museau.
En cas de grosses chaleurs ou de sécheresse, ce qui est souvent le cas
dans les zones méridionales, le hérisson peut tomber dans une sorte
de léthargie estivale, qui lui permet de passer la période difficile.
En hiver : silence on dort ! L’hibernation (que beaucoup d’espèces
pratiquent : loir, marmotte, chauves-souris…) est une adaptation
efficace pour pallier le manque de ressources alimentaires durant
la période hivernale. Avec la chute des températures automnales,
et lorsqu’elles ne dépassent plus une quinzaine de degrés, les
hérissons s’installent dans leurs gîtes d’hiver constitués d’une
grosse boule de feuillage et d’herbes sèches, et abrités sous un
tas  de  bois,  un  tronc  creux.  Ils  adoptent  assez  facilement  les  gîtes 
artificiels qu’on peut leur offrir dans les jardins : caisse retournée
et remplie de feuilles mortes par exemple, qu’on installe dans
une haie ou au pied d’un mur.
Il  arrive  que  pour  des  raisons  variées  les  hérissons  se  réveillent 
en hiver et puissent même effectuer quelques déplacements et
rechercher de la nourriture si le temps est doux. Ainsi
à Craponne j’ai noté des hérissons encore en ba-
lade  un 21 novembre  et même  un premier  dé-
cembre.  Le  20  octobre  2007  par  fort  vent 
du  nord  et par  température  de +5°  seu-
lement, un hérisson se promène dans
le jardin. Même chose à Saint-Genis-
Laval  le 24  novembre  2005 par une 
température voisine de zéro degré
(Romain Chazal). Le plus étonnant a
été  un hérisson  dans la neige  ! Le  8 
mars  2005,  avec  cinq  cm  de  neige  j’ai 
la surprise de voir un hérisson aller se
nourrir de graines de tournesol sous la
mangeoire des oiseaux, en traçant un
profond sillon dans la neige, tandis que
le  21  décembre  2007  un  autre  circulait  par 
-4°C  dans  le jardin  couvert  de givre  (cf photo).  
J’ai même retrouvé l’animal quelques temps plus
tard endormi dans le sac de graines de tournesol entre-
posé sous un escalier abrité du jardin ! Mais si ces sorties ne sont pas rares en début d’hibernation, la
règle reste un sommeil prolongé jusqu’aux beaux jours, et les
redoux de mars voient des hérissons bien amaigris lors de leurs
premières sorties.
Pour autant, l’animal n’est pas au bout de ses peines !  Il lui  faut  éviter  les collisions  avec 
les voitures, une des principales causes de mortalité (les hérissons sont vic-times du réflexe de se mettre en boule qui est inadapté devant les automobiles), les serres du Hibou Grand Duc, dont il est une proie régulière, ou sim-plement la casserole de quel-
ques  gourmets  (?) qui  s’en 
nourrissent encore…
Mais si tout va bien, notre
hérisson saura se refaire une
santé, convoler en juste noces
et combler ainsi les coupes som-
bres que subissent ses populations :
plusieurs centaines de milliers sont sans
doute tués chaque année en France sur les
routes.
Photo :  Bob Erome
Photo : Bob Erome
Photo : Daniel Ariagno

Les cahiersNature - Culture 16 Les cahiersNature - Culture 17
Hérisson des villes et hérisson des
champs
Le hérisson,  le  mâle  surtout,  est  un grand  vagabond,  capable  de se 
déplacer, le croirait-on, sur plusieurs kilomètres. Ce qui lui permet
d’avoir des quartiers d’hiver et des quartiers d’été parfois différents.
Par  exemple  Guy Berthoud  qui a étudié  les hérissons  du canton  de 
Vaud  en Suisse,  a  constaté  qu’une forte proportion  (65 %) de ceux-
ci passait l’été en ville et l’hiver en forêt.
Ces déplacements rendent difficile l’estimation des effectifs d’une
population de hérissons d’un secteur donné. Comme beaucoup de
personnes, j’ai de temps en temps un hérisson dans mon minuscule
jardin.  D’où  vient-il  ? Mystère…  Est-ce toujours  le même  ? Encore  
un mystère… Pour tenter de comprendre je me suis mis à marquer
d’un point de couleur (teinture inoffensive) le dos de mon hérisson.
J’ai eu la surprise de constater ainsi qu’il y avait non pas un, mais
plusieurs  (jusqu’à 7 différents  en 2007)  hérissons  qui circulaient  à 
travers les maisons du lotissement de banlieue où j’habite. Marqués
avec des taches de couleur différentes, ces hérissons se sont montrés
souvent loin de chez moi et l’un d’eux est même revenu deux années
de suite.
Et en ville proprement dite, à Lyon par exemple, y a-t-il des héris-
sons ?  
D’une manière générale, la diversité animale et les densités d’espè-
ces vont décroissant à mesure que le milieu urbain s’artificialise. En
centre  ville,  milieu  azoïque  si  l’en  est  :  pas  grand  chose.  Mais  il  suffit 
que quelques jardinets ou des espaces verts suffisants existent pour
qu’une certaine faune sauvage réussisse à se maintenir. Cependant
le hérisson, nous l’avons vu, a besoin de pouvoir se déplacer. Sa pré-
sence en milieu urbain est donc liée à l’existence de « corridors éco-
logiques », coulées vertes ou parc de taille suffisante. Ainsi à Lyon, le parc 
de la Tête  d’Or  est un des  seuls  à abriter  une bonne  population  
de hérissons.
Depuis plusieurs années, la FRAPNA mène des enquêtes sur la
présence du hérisson dans le département et notamment en zone
urbaine. Une fiche-questionnaire type est distribuée en nombre (cf.
encadré), qui permet avec les retours obtenus d’avoir des données
sur  la présence  de l’espèce  en zone  urbaine.  Toutes  ces informa-
tions ont été intégrées à une banque de données qui permet de
mieux connaître la distribution spatiale du hérisson, les points noirs
d’écrasement, etc.
Il  en  ressort  que le hérisson  est encore  présent  à Lyon  dans  les 4
ème,
5 ème,  6ème , 7 ème arrondissements, sans qu’on sache s’il y est encore
reproducteur.  La  donnée  la plus  urbaine  se situe  dans  le 6 ème, où un
hérisson vivant a été vu le 9 juin 2005 (circulaire CORA-69).
Dans  le 5
ème,  je  l’ai  trouvé  reproducteur  (juvéniles le 18  août  2006)  dans 
les  jardins  du Rosaire,  sous  la basilique  de Fourvière.  Il  est  présent,  et  
peut-être reproducteur à Vaise, sur les terrains de l’ancienne cresson-
nière.
Dans les communes périphériques, plus « vertes » que le centre
ville, il est plus souvent noté (le plus souvent écrasé hélas). Par
exemple  le  14   juillet  2007  sous  l’échangeur  autoroutier  de  Valvert 
à  Tassin…
L’avenir des populations urbaines ou semi-urbaines de Hérisson est
sans doute très hypothétique. Comme pour d’autres espèces, son
maintien exige la prise en compte de son écologie, en ménageant
des espaces verts et des continuités écologiques adaptés.
Ce « protocole » relève de l’observation de tout un chacun, c’est de l’ob-
servation « citoyenne », une absence de données ne signifie pas forcément
l’absence de l’espèce mais sa non observation par les personnes impliquées.
Les autres communes bien renseignées sont Craponne (36 données), Villeur -
banne (24 données) et Meyzieu (20 données).
Pourquoi le hérisson est il le symbole
de la protection de la nature ?
Voilà l’explication telle qu’elle est donnée sur le site de
France Nature Environnement : http://www.fne.asso.fr/fr/
federation/historique.html
Le hérisson, un interlocuteur vigilant :
Au professeur Jean-Claude
LEFEUVRE qui assure la
présidence depuis 1978, 
M.  d’ORNANO,  ministre 
de la Qualité de la Vie, dé-
clare à l’Assemblée géné-
rale  de 1979  que la FFSPN 
« devait rester un aiguillon
vigilant de l’action ad-
ministrative ». La FFSPN
adoptera, comme emblè-
me,  en  1981,  le  Hérisson 
dont l’aspect illustre bien
sa stratégie constante de
concertation-contestation. Caressé dans le bon sens du poil
(la concertation) le Hérisson ne pique pas, mais lorsqu’il n’est
pas d’accord (la contestation), il ne manque pas de le faire
savoir. Et se hérisse. Cela peut être douloureux... Les sujets de
contestation ne manquent pas car un développement écono-
mique à tout va, un gaspillage généralisé et la glorification de
l’individualisme ne prédisposent pas à ce que l’intérêt général
et le long terme soient au rang des préoccu-
pations premières.
Qu’il nous soit permis de faire un dernier au-
revoir au logo qui a accompagné les actions
de la FRAPNA pendant de longues années.
François  Crozat a offert  à la  FRAPNA  dans les années  80 ce 
grand hérisson qui protège le plus petit ...
et c’est aussi une espèce protégée !
• Statut de protection nationale :  La loi  de 1976  instaure 
un statut de protection du monde du vivant, faune et flore.
Des arrêtés ministériels précisent la liste des espèces béné-
ficiaires.  L’arrêté  du 17/04/1981  dans l’article  1 inscrit  le Hé-
risson
Erinaceus europaeus et en « interdit en tout temps et
sur tout le territoire national pour les spécimens vivants la
destruction,  la  mutilation,  la  capture*,  ou  l’enlèvement,  la 
naturalisation ; pour les spécimens vivants ou morts le trans-
port, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou
l’achat. ».  Il s’agit de la protection maximale.  
*on ne peut  donc  pas le manipuler  sauf à posséder  une autorisation 
préfectorale de capture.
• Statut international :  La Convention  de Berne  du 19 
septembre  1979 relative  à la  conservation  de la vie  sauvage 
et du milieu naturel de l’Europe reprend l’espèce dans son
annexe  3 en  tant  que « faune  protégée  dont l’exploitation 
est réglementée ». Ce statut est moins contraignant que l’an-
nexe 2 dans laquelle les espèces sont strictement protégées.
• Statut biologique : Le hérisson est reproducteur et séden-
taire sur tout le territoire métropolitain (cf. pages biologie).
• Liste rouge des espèces menacées : Une liste rouge
précise les risques de disparition d’une espèce dans une ré-
gion donnée à partir d’une méthodologie reconnue au ni-
veau  international  établie par l’UICN.  Cette  méthodologie 
tient compte de plusieurs critères : population, répartition,
reproduction, hivernage…
Le hérisson d’Europe est considéré en Rhône Alpes comme
« quasi menacé de disparition, en particulier si les facteurs
agissant s’aggravent » (www.  CORA FS, 2008).
Au  niveau  national  et mondial,  l’UICN  France  l’inscrit  comme 
à « faible risque de disparition. Espèce considérée comme
non menacée ». http://www.uicn.fr/IMG/pdf/Liste_rouge_
France_Mammiferes_de_metropole.pdf
... qui se déplace...

Les cahiersNature - Culture 18 Les cahiersNature - Culture 19
Enquête Hérisson “ Campagne sauvons nos hérissons ! ”

A retourner à :
FRAPNA Rhône
114,  boulevard du 11 novembre 1918 - 69100  Villeurbanne
04 37 47 88 50 / frapna-rhone@frapna.org
Sympathique pourfendeur de limaces, le hérisson est une espèce protégée, menacée par l’urbanisation et les voies de communications. Parce
qu’il est urgent de la protéger et afin de mieux connaître sa répartition dans notre départment et dans l’agglomération lyonnaise, nous vous demandons votre aide en nous envoyant cette fiche.  MERCI !
Observateur
Nom : ........................................................................
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Adresse : ........................................................................
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Code postal : ........................................................................
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Téléphone :   ........................................................................
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J’ai observé un (des) hérissons(s)
Vivant(s) : ........................................................................
............................................................................................. Date/heure :  ........................................................................
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Nombre : ........................................................................
.................................................................................................. Commune/lieu-dit :  ........................................................................
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Rue ou Route n° :   ........................................................................
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Description du lieu (jardin, forêt, parc, bord de route, etc.) : ........................................................................
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Remarques : ........................................................................
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Mort(s) : ........................................................................
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Nombre : ........................................................................
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Rue ou Route n° :   ........................................................................
........................................................................ Allant de : ........................................................................
............ à : ........................................................................
.......
Description du lieu (merci de faire un plan si nécessaire ou une photocopie de carte IGN) :   ........................................................................
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Des idées (facultatif) ?  ........................................................................
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Les cahiersNature - Culture 20 Les cahiersNature - Culture 21
les soucis du hérisson
Le hérisson est bien souvent associé à ce paysage traditionnel
idéal constitué d’un ensemble de jardins ponctués de vergers et
de bosquets et encadrés de haies, de chemins enherbés, de murets
et de talus fleuris. Cet habitat plus humain que nature correspon-
dant le mieux à ses exigences, l’on peut se demander jusqu’à quel
degré l’homme a fortement favorisé le développement de cette
sympathique espèce !
Aujourd’hui, la situation dans maintes régions d’Europe est deve-
nue tout autre. Et si le hérisson reste encore globalement commun,
il faut être extrêmement attentif à l’évolution de nos paysages et
de nos pratiques au quotidien pour ne pas voir cette espèce dé-
serter des espaces, toujours plus nombreux, devenant particulière-
ment nocifs pour son épanouissement.
D’après une étude  réalisée  sur les causes  de la mort  de 244 hé-
rissons  dans la région  d’Yverdon-les-Bains  (Canton de Vaud,  
Suisse), deux éléments ressortent du
lot à part à peu près égale (environ
25% chacun).
Anti-limaces et autres produits chimiques :
Les limaces et autres ravageurs des cultures potagères sont la
plaie de bien des jardiniers qui voient chaque année une partie
de leur production disparaître sous les coups de radula* et autres 
mandibules. L’empoisonnement des hérissons par la consomma-
tion d’invertébrés eux-mêmes contaminés ou morts est extrême-
ment pernicieux. Les hérissons ne meurent pas forcément sur le
coup mais stockent petit à petit dans leur graisse ces substances
toxiques qui seront alors libérées massivement lors de l’hiberna-
tion, tuant bien souvent l’animal en plein sommeil.
Un seul mot d’ordre : revenir au naturel ! Le désherbage manuel,
le développement des prédateurs auxiliaires (coccinelles, perce-
oreilles, carabes, etc.) ou la rotation des cultures sont parmi les
actions les plus simples et vous en trouverez pléthore dans les ma-
nuels  et guides  du jardinage  écologique*,  en  librairies  ! Concer -
nant les limaces, les recettes de grand-mère peuvent s’avérer parfois 
inefficaces.  Il  existe  aujourd’hui  des produits  anti-limaces 
dits écologiques qui n’utilisent plus des substances nocives pour
les  prédateurs  des gastéropodes,  comme  le métaldéhide*,  mais,  
par exemple, le phosphate de fer (= phosphate ferrique), composé
minéral naturellement présent dans le sol.
Le trafic routier :
Les  chiffres  annoncés  sont éloquents.  Au  moins  700 000 héris-
sons meurent chaque année sur les routes d’Europe. Est-il utile
de rappeler qu’il s’agit du plus grand carnage humain perpétré à
l’encontre d’une espèce protégée en France !
Sans forcément en appeler à la mobilisation des consciences
pour combattre la violence routière, une mesure simple consiste
à respecter les limitations de vitesse en vigueur ! Cela permet no-
tamment d’éviter les hérissons marchant sur le bord de la route
et préférant longer le goudron durant leurs pérégrinations plutôt
que d’évoluer difficilement dans la végétation, certes courte, mais
dense des abords routiers.
Le hérisson a également deux soucis majeurs qu’il est possible de
remédier à peu de frais et pour beaucoup d’efficacité.
La propriété privée :
Une population de hérissons ne sera que plus florissante si leur en-
vironnement naturel est riche en divers linéaires que les individus
arpenteront sans cesse à la recherche de nourriture, caches et
partenaires. Qu’il s’agisse de haies et de troncs couchés, de
murs  et de  murets,  de  talus  et de  façades  de bâtiments,  tout 
est bon à longer ! Mais la lubie de nombre de concitoyens
de rendre hermétique leurs jardins et pelouses restreint les
domaines vitaux et participe à la diminution du nombre de
hérissons.
Créer  de petites  ouvertures  (20 x 20  cm)  au niveau  du sol  dans 
les grillages et les murs faits de parpaings ou en pierres va
permettre le passage de ces animaux et étendre les zones de
fréquentation de manière exceptionnelle ! Petit geste, grand
effet !
Le nourrissage :
Qui n’a pas déjà fait ou eu l’idée de donner de la nourriture
aux  hérissons  qui fréquentent  nos habitations  ? Ce  geste  en 
apparence anodin doit être réalisé avec précaution pour ne
pas engendrer d’effets contraires.
Ainsi, il ne faut pas donner de lait de vache au hérisson qui
ne peut le digérer et cela peut entraîner des diarrhées par -
fois mortelles. Des restes de repas (viandes et poissons) voire
des croquettes pour chats ou chiens conviennent bien mieux. Aménager un compost (ou pourrissoir) au fond du jardin per
-
mettra également à l’animal de se nourrir à volonté des ani-
maux détritivores.
Enfin, pour ne pas causer de trop fortes habitudes aux héris-
sons qui pourraient peu à peu perdre leur instinct en restant
à résidence près de la seule source de nourriture qu’est la ga-
melle, il faut préférer ne nourrir qu’en été, lorsqu’il fait trop
chaud, ou à l’automne, lorsque l’hibernation se prépare. Cet
apport d’aliments peut être poursuivi durant les premiers mois
de froid (novembre-décembre) pour permettre aux jeunes
hérissons d’atteindre le poids minimum leur permettant de
passer l’hiver. A cette période, même les graines de tournesol,
riches en lipides, sont utiles !
Pour plus d’informations sur les soins à prodiguer à un héris-
son en détresse, participer à l’inventaire des sites d’écrasement
ou au sauvetage d’individus lors d’opérations immobilières,
contacter le sanctuaire des hérissons : www.herisson.nom.fr
* radula :  langue râpeuse de la plupart des mollusques (Larousse 2010)
* ou biodynamie
*   métaldéhide  :  molécule  employée  comme combustible  et pour  détruire 
les limaces (Larousse 2010)
... en risquant sa vie...

Les cahiersNature - Culture 22 Les cahiersNature - Culture 23
le Réseau documentaire MRE
Depuis 2009, la  MRE  anime  le réseau  documentaire  MRE qui 
catalogue, met en ligne et fait connaître les fonds (livres, re-
vues, études, colloques, thèses, documents techniques...) des
associations adhérentes.
Le catalogue est disponible à l’adresse suivante :
http://www.maison-environnement.fr/index.php/documenta -
tion/catalogue-reseau-documentaire
Plus  de 8000  documents  sont déjà catalogués  dont ceux de la 
Bibliothèque de l’Environnement de la MRE.
la Bibliothèque de l’Environnement
Ouverte  à tous,  la  bibliothèque  met à votre  disposition  (consul-
tation ou prêt) les ressources nécessaires à vos projets, vos
actions, à votre soif de connaissance sur l’environnement :
écologie, développement durable, éducation à l’environne-
ment, faune et flore, activités nature, pollution, urbanisme,
aménagement du territoire, architecture, sciences, métiers,
droit de l’Environnement, santé...
Tous les livres ci-dessous sont donc disponibles à la Bi-
bliothèque ou dans le cadre du réseau.
5000  documents  :  livres,  rapports,  thèses  et actes  de colloque,  
brochures, bulletins d’information, vidéos, revues, CD-Roms,
DVD, outils pédagogiques..
Un espace lecture pour les enfants : Contes, récits, ouvrages
ludiques et pédagogiques.
Horaires  d’ouverture  :  Du  lundi  au vendredi  de 10  h  à 12  h 30 
puis  de 13  h 30  à 19  h 00  mais  aussi  certains  samedis  matins 
de  9 h  30  à 12  h 30  (voir  sur le site  http://www.maison-envi-
ronnement.fr/ ).
Coordonnées :  32 rue Sainte Hélène - 69004 Lyon.  
Tél :  04 72 77 19 80 Documents généraux
Animaux de la nuit
ROUSSILLAT Michel et HEZARD Pierre -  Actes Sud, 2001
Cet ouvrage qui s’adresse aux jeunes lecteurs, est consacré à la
faune de la nuit, et en particulier : le cerf, le renard, le rossignol,
le hérisson, la luciole, le lapin de garenne, les chauves-souris,
le blaireau, le loup, la chouette effraie. Après une description
de chaque espèce, les signes particuliers sont regroupés dans
une fiche.
J’explore la haie de tout près
ALLAIRE Caroline ;  HUGO (DE) Pierre
Gallimard Jeunesse,  2002
Cet ouvrage permet à l’enfant de découvrir la faune et la flore
que l’on rencontre dans une haie : hérisson, rouge-gorge, pa-
pillon petite-tortue, cétoine dorée, mulot, escargot... Une loupe
permet d’observer au plus près...
Les traces d’animaux
GUILLEAUME Christian - De Boeck & Larcier,  2004. 
Ce guide initie les naturalistes débutants à la découverte des
traces et indices d’animaux. Afin de guider les naturalistes, cet
Améliorer son jardin pour protéger le Hérisson :
Vous  n’êtes  pas sans  savoir  que le hérisson  est l’allié  des jardiniers !  C’est un très  bon  auxiliaire.  Il  peut  vous  débarrasser  des limaces  et 
des  escargots  susceptibles  de manger  vos salades  ainsi que des insectes  « nuisibles  » ! Ici  le proverbe  « les  ennemis  de mes  ennemis 
sont mes amis » prend tout son sens !
Pour que votre jardin offre un habitat de choix qui profitera à beaucoup d’autres espèces, il y a quelques petites règles à suivre qui ne
vous demanderont que peu de temps et d’entretien. Sans ces quelques précautions, votre jardin peut devenir un piège mortel pour le
petit animal qu’est le hérisson.
Ces  10 commandements  sont tirés du dépliant  « Le  Hérisson,  un  voisin  méconnu  à protéger  », document  qui complète  ce cahier  nature  culture,  en  particulier  avec le Jeu  du Héris-
son.
Parmi les partenaires qui nous ont aidé,  laissons la parole à l’entreprise TARVEL   :
« S’engager dans des changements de pratiques, évoluer, inscrire le développement durable et la responsabilité au coeur de notre fonctionnement, coopérer avec des partenaires
associatifs,  c’est l’engagement de  TARVEL. C’est notre vision de l’Entreprise dans son environnement.
Dans notre domaine, le paysage, cela peut être rapidement très concret : promotion d’une gestion différenciée, diminution ou arrêt de l’emploi des pesticides, réduction et valorisation
des déchets, choix d’espèces végétales adaptées et «indigènes»
, suivi des populations animales sur les grands sites et échanges avec
les Associations de Protection de la Nature.
C’est donc bien «naturel», après quelques actions en commun, de contribuer à la diffusion de bonnes pratiques au jardin pour favo
riser la présence du hérisson, l’ami du jardinier.
Ensemble nous pouvons faire avancer les choses et nous sommes très heureux d’avoir facilité l
a réalisation de cette plaquette conçue par la FRAPNA Rhône. »
1/   Je  ne  ferme  pas  entièrement  mon  jardin  :  de  petites  ouvertures 
de  7 à 10  cm  sous  un mur  ou une  clôture  permettent  le passage  
des animaux de jardin en jardin sans obstacle. Attention, elles ne
doivent pas donner sur la route.
2/   Je peux laisser quelques coins en friche,  permettant à l’animal de 
se cacher et de se nourrir en toute tranquillité.
3/   Les  tas  de  compost,  de  feuilles  mortes,  de  foin  ou  de  branchages 
lui offrent des abris appréciés... Attention ! Je vérifie si un individu
n’y dort pas, en particulier en hiver, avant de les brûler ou de les
déplacer.
4/   J’opte  pour  une  haie  naturelle,  bien  diversifiée  où  se  mêlent  des 
espèces locales comme l’aubépine, le sorbier, le prunellier, le su-
reau ou le troène... Elle est riche en biodiversité car elle offre de
multiples micro-habitats tout en s’intégrant parfaitement dans le
paysage de ma région.
5/   Si je possède  un point  d’eau  profond  aux abords  lisses et abrupts,  
j’installe une planche avec de petits linteaux servant de marches
ou un grillage oblique à mailles fines, le tout fixé aux bords. Un
hérisson tombé malencontreusement pourra ainsi grimper et évi-
ter la noyade. 6/  
J’arrête  d’utiliser  des intrants  chimiques,  notamment  les produits  
anti-limaces.  Beaucoup  d’espèces sont des auxiliaires  et nous  dé-
barrassent naturellement des « indésirables ». Le Hérisson, friand
d’escargots et de limaces, en fait partie. De plus, un potager natu-
rel c’est bon pour la santé de tous, joli et productif !
7/   Je  veille  à ne  pas  laisser  traîner  au sol  les éventuels  filets de 
protection des cultures ou autres déchets. Un hérisson pourrait
s’étrangler ou se blesser.
8/   Je  fais  attention  à  ne  pas  laisser  des  morceaux  de  tuyaux  au  sol 
et je ferme les entrées des canalisations ou tubes divers avec un
grillage à mailles très fines... Ainsi, aucun animal ne pourra se
retrouver coincé à l’intérieur et y mourir.
9/   Attention  aux us et coutumes  d’antan qui recommandent  de 
nourrir les hérissons avec du pain et du lait... Ce breuvage leur
provoque des diarrhées dangereuses. Je peux cependant leur dis-
poser une petite gamelle d’eau très peu profonde.
10/   Je peux  lui fabriquer  un abri,  avec  une caissette  en bois  renver -
sée, des herbes sèches et des branchages. C’est facile et ludique.
Je peux également aménager un empierrement non cimenté.
les 10 commandements de l’ami du hérisson :
... mais bien présent dans les livres...

Les cahiersNature - Culture 25
Les cahiers Nature - Culture 24
Oiseaux et mammifères : auxiliaires des cultures
JAY Michel  - Centre  Technique  Interprofessionnel  des Fruits  et 
Légumes (CTIFL) 2000
Cet ouvrage est consacré aux espèces auxiliaires, réels ou po-
tentiels pour l’agriculture. Le premier chapitre décrit la relation
prédateur  / proie.  Puis,  un  chapitre  est consacré  à chaque  espèce 
auxiliaire : les oiseaux, les chauves-souris, les petits carnivores et
le hérisson.
Vidéos
A table !
VIEUXGUE François et GOKELAERE  Albert
Centre national de documentation pédagogique,  1994 - 41 min. 
Cette vidéo regroupe dix films courts sur l’alimentation des ani-
maux : recherche de la nourriture, repas, adaptations des ani-
maux... Animaux présentés : la cistude, le hérisson, la roussette
des palmiers, la faune du désert, la chenille et le papillon, la nèpe,
pucerons, fourmis et coccinelles, cigales, le gammare, limaces de
mer.
Autour de la maison
BOUCHARDY Christian et BOULADE  Yves
Catiche Productions - 43 min.
Ce film permet de découvrir les petits animaux sauvages qui vi-
vent tout près de nous : dans la maison, dans le jardin et dans
le village. Au fil des saisons, on découvre une quarantaine d’ani-
maux différents. Parmi les principaux, il y a le pic vert, la fourmi,
le lézard, le hérisson, la grenouille, les poissons, la chouette, l’hi-
rondelle, le lérot, la fouine, l’écureuil et tous les petits oiseaux du
jardin. Le film donne des conseils pratiques sur les affûts pour
attirer les animaux sauvages chez soi, afin de faire des observa-
tions passionnantes.
Le Hérisson, guerrier des jardins
Nicolas GRUAUD - Beta Production (Producteur),  2003 - 52 min.
Dix millions d’années avant l’apparition de l’homme, le hérisson
dardait déjà ses épines et se roulait en boule pour affronter ses
ennemis.  Aujourd’hui,  ce  guerrier  aux 10 000  piquants  est le plus 
souvent le compagnon du jardinier, le gardien du potager contre tous les coléoptères, limaçons et insectes en tout genre. Dans ce
film, nous suivrons les aventures de différents hérissons. Nous dé-
couvrirons les moeurs de cet étrange animal, établi en Europe.
Une vie de hérisson
LEHMANN Christophe – 2002.
 
Cédérom annexé à La Salamandre n°151 d’août 2002.
Ce cédérom est idéal pour tout découvrir du hérisson. Un docu-
ment interactif qui vous permettra de mieux connaître cet animal
tout en vous émerveillant ! Une mini-encyclopédie commentée
vous permettra de savoir comment vit un hérisson, comment il se
nourrit,  comment  il se  reproduit...  Ensuite,  grâce  à une  vidéo  de 
6  minutes,  vous  plongerez  dans l’univers  mystérieux  du hérisson.  
Des jeux vous permettront de reconstruire l’habitat du hérisson, et
ensuite, vous devrez l’aider à retrouver sa compagne hérissonne
tout en déjouant les nombreux pièges.
ouvrage propose d’observer les habitats, les traces sur les arbres
et arbustes, les excréments et les traces de repas.
Nous dormons jusqu’au printemps
RIHA Susanne - Milan,
 1988
Album jeunesse consacré aux animaux qui hibernent : marmotte,
escargot, blaireau, muscardin, grenouille rousse, chauve-souris,
hérisson, écureuil roux, loir, ours brun, hamster, citron (papillon).
Documents consacrés au Hérisson
C’est comment un hérisson
BULARD-CORDEAU Brigitte - Rustica éd.,  2002
Une leçon de choses, ludique et vivante sur le hérisson d’Europe et
ses  cousins  africains  avec une recette  de hérisson  en pâte  d’aman-
de (car le hérisson est protégé).
Les aventures de Niglo le hérisson
DEOM Pierre – La Hulotte n°77
Comme pour chaque numéro, l’essentiel et amusant.
La vie du hérisson
MORRIS ;  BERTHOUD ;  TROUGHTON ;  SCHMID ; VISAGE
Delachaux et Niestlé,  1998 
Cet ouvrage se consacre à l’étude du hérisson, petit mammifère recouvert 
de piquants.  D’où  vient  ce petit  animal  ? Pourquoi  hiber-
ne-t-il  ? Quel  est son  cycle  de vie  ? Comment  élever et protéger 
un  hérisson  ? Ce  compte-rendu  des connaissances  et découvertes 
faites sur les hérissons répond à toutes ces questions.
La visiteuse du soir : la hérissonne
MORIN Patrick - Ecole des loisirs (L’),  1999
Cet ouvrage raconte l’histoire de la maman hérisson, qui vit pai-
siblement dans nos jardins avec ses petits. Le plus grand danger
qu’il peut rencontrer : croiser une voiture sur la route.
Le hérisson d’Europe
JOURDE Philippe - Delachaux et Niestlé,  2008
Avec ses piquants caractéristiques, le hérisson nous est familier :
on le retrouve en photo, en gadgets de toutes sortes, au détour
d’une  pub, d’une  BD... Mais  que sait-on  vraiment  de ce petit  mam-
mifère  nocturne,  sinon  qu’il pique  et qu’il  se roule  en boule  ? Qui 
sait  comment  le hérisson  occupe ses nuits  ? Ce  qu’il  mange  ? Où 
et  quand  il hiberne  ? Philippe  Jourde nous invite  à suivre  pas à 
pas,  été  comme  hiver, cet  animal  discret. Il  nous  apprend  ainsi que 
derrière le hérisson que l’on nourrit chaque soir au jardin se ca-
chent certainement plusieurs individus, puisque plusieurs animaux
peuvent  vivre sur le même  territoire.  Ou  encore  que le pain  trempé 
de lait que l’on dépose dans leur gamelle n’est peut-être pas le
mets le plus adapté, puisque l’espèce se nourrit essentiellement
d’insectes ! Un parcours passionnant, le long des désormais clas-
siques « Sentiers du naturaliste ».
Le hérisson, boule de piquants
PICHON Joëlle - Milan,  2000 
Il  porte  un manteau  de piquants  et adore  les insectes.  Quel  est ce 
drôle  d’animal  ? Le  hérisson  bien sûr, petit  mammifère  insectivore. 
Cet ami du jardinier vagabonde la nuit dans nos campagnes et
tout l’hiver il dort, blotti dans un nid de feuilles. Dommage qu’il se
fasse si souvent écraser sur les routes.
Sauve piqueux ! Comprendre le déclin du hérisson… et agir
Les Editions de la Salamandre,  Bulletin n°180, juin-juillet 2007
Un dossier en trois parties. Portrait : le Prince des piques, Enquête :
l’année du Hérisson et Pratique : Massacre… et coups de pouce.

Les cahiersNature - Culture 26 Les cahiersNature - Culture 27
... dans les jeux de mots et les objets...
Boule de piquants
Retrouve les mots ci-dessous cachés dans ce méli-mélo ; ils peuvent être lus horizontalement, verticalement ;
une même lettre peut servir plusieurs fois.
3
VERPIE
PIC
9
CORRIDORS PESTICIDE
10
RONFLEMENT
11
HIBERNATION
13
HIBOU GRAND DUC
14
FEUILLES MORTES
4
BÊTEBOIS
PUCE
HAIEPOIL
BOIS
5
BOULE PROIE
ROUTE
6
FRICHE
LIMACE JARDIN
NOYADE
7
BOSQUET
COMPOST LOMBRIC
PISCINE
VOITURE
8
BLAIREAU
NOCTURNE OMNIVORE
PIQUANTS
PROTÉGER
Le hérisson fait partie des _ _ _ _ _ _ _ _ _
Pour vous aider rassemblez les lettres restantes.

Les cahiersNature - Culture 28 Les cahiersNature - Culture 29
... comme dans les contes...
Dans le monde de Féerie, il est connu que les lutins, ces esprits turbulents habitant notamment les fameuses landes de Dartmo
or en
Cornouailles anglaises, prennent souvent la forme des hérissons afin de s’approcher plu
s facilement des habitations.
Mais allons plutôt en Serbie...
Le renard, un beau jour, rencontra le hérisson et ils se mirent à
bavarder. Ce renard était un vantard et il demanda tout à coup
au hérisson :
« Dis-moi, es-tu doué de raison ? »
« Oui, répondit le hérisson, comme tout le monde ! »
« Ah ! et combien as-tu de raisons ? »
« Mais…une répondit le hérisson un peu surpris, et toi ? »
« Soixante-dix-sept ! C’est pourquoi on me tient, partout en si
grande estime. »
Le hérisson ne répondit rien mais pensa en lui-même qu’il lu
i
fallait trouver le moyen de rabattre un peu la superbe de ce
fieffé vantard. Il réfléchit un instant et dit :
« Soixante-dix-sept raisons ! J’ai peine à te croire ! Me le ju
re -
rais-tu dans un lieu saint ? »
Le renard qui n’en démordait pas, répondit :
« Je t’en ferais serment où bon te semblera. »
Et le hérisson le mena quelque part où un chasseur avait pré -
paré un piège aux dents de fer :
« Voici le lieu consacré, tu n’as plus qu’à prêter ser
ment. »
Le renard mit la patte sur le morceau de fer, la mâchoire se
referma et voilà le renard pris au piège. Il se mit à supplier :
« Malheur, hérisson, viens-moi en aide ! »
De l’aider, le hérisson n’avait cure : « Je voudrais bien, ami renard, mais comment le pourrais-je, moi
qui n’ai qu’une pauvre petite raison. Et toi, qui en as soixante-
dix-sept, tu trouveras mieux que moi le moyen de te tirer de ce
mauvais pas. »
Le renard de gémir de plus belle :
« Je me rend bien compte, ami hérisson, que ton histoire de lieu
consacré c’était pour me punir de mes vantardises. Si tu ne
peux m’aider, au moins donne-moi un conseil. »
Le hérisson y consentit :
« Quand tu verras arriver le chasseur, fais-le mort. Ne bouge ni
pied, ni patte, même s’il te donne des coups de bâton. Il ouvrira
le piège et te déposera sur le sol. A toi, alors, d’en profiter pour
te sauver. »
Le renard suivit les conseils du hérisson. Quand il entendit,
dans la forêt, les pas du chasseur qui s’approchait, il fit le mort.
Il ferma les HX[DOORQJHDOHVSDWWHVHWUHVWDLQHUWHPrPHTXDQG
le chasseur la frappa de son bâton. Voyant cela, le chasseur
ouvrit le piège et déposa le renard sur le sol. Sans plus attendre
,
celui-ci sauta sur ses pattes et le voilà loin ! Et plus jamais,
plus jamais du tout, il ne prétendit avoir soixante-dix-sept
raisons. Alena Benesova - Les plus belles histoires d’animaux
© Editions Gründ, 1981
Conte : Le Hérisson et le Renard aux soixante-dix-sept raisons
... et a la cuisine...
les petits hérissons en pain d’épice
La pâte se prépare au moins une semaine avant la cuisson :
1 • Faire tiédir le miel dans une casserole sur feu très doux puis le mélanger
aux  deux  farines  à l’aide  d’une  solide  spatule  en bois.  Placer  la pâte  dans 
une boîte fermant hermétiquement et laisser reposer à température am-
biante.
2 • Le  jour  de la cuisson,  découper  la pâte  en petits  morceaux,  ajouter  les 
zestes de citron et d’orange, le bicarbonate délayé dans une cuillerée à
café  d’eau,  le  jaune  d’œuf,  les  épices.  Bien  malaxer  cette pâte pour  obtenir 
un mélange homogène (attention ! mieux vaut être en pleine forme, car
la pâte est très dure)
3 • Préchauffer  le four  à 170°C  (th. 5-6).  Fariner  très légèrement  le plan  de travail  et y étaler  la pâte  sur 3 mm  d’épaisseur.  Découper 
les hérissons à la pointe du couteau ou à l’emporte-pièce (si si, ça existe), puis les déposer sur une plaque à biscuits couverte de
papier sulfurisé.  Badigeonner les hérissons de lait et cuire 8 à 10 minutes.
Les biscuits vont gonfler légèrement et dorer,  mais la pâte ne s’étale pas à la cuisson.
4 • Laisser refroidir sur une volette et déguster. Les hérissons de pain d’épices se conservent très bien dans
une boîte métallique.
• 250 g de miel
• 150 g de farine de blé
• 100 g de farine de seigle
•  1 cuillerée à café de zeste d’orange 
finement râpé
•   1 cuillerée à café de zeste 
de citron finement râpé • ½ cuillerée à café de cannelle
•  
1 cuillerée à café de grains 
d’anis moulus
• 5 g de bicarbonate de soude
•   1 jaune d’œuf ,  un peu de lait 
pour dorer
Ingrédients pour 500g de pâte :

Les cahiersNature - Culture 30 Les cahiersNature - Culture 31
le hérisson- symbole
Les origines symboliques de cette petite boule de piquants re-
montent à fort longtemps puisque l’on retrouve des peintures
rupestres très anciennes.  Il  fut  également  considéré comme 
l’inventeur du feu dans l’agriculture, lié à la sédentarisation
des  Hommes.  Il  permettait  également  à ces  derniers,  de  re-
trouver le soleil.
En Égypte, on a retrouvé des jouets en bois représentant cet
animal. Notons aussi sa représentation dans les tombeaux en
tant que protecteur des morts.
Les Romains lui accordaient beaucoup d’importance puisqu’il
présageait le retour du printemps, quand il sortait de son ter -
rier après sa torpeur hivernale.
La légende dit que si l’animal avait peur de son ombre en
sortant de son terrier et s’y réfugiait aussitôt après, c’est que l’hiver allait durer
encore six semai-
nes. Dans le cas
contraire, les beaux
jours arrivaient.
C’est 
au Moyen-âge  que 
son image en prend un coup.
En effet, il est considéré comme avare, vil et gourmand. C’est
le début des légendes de toute sorte, où le hérisson se roule
dans les fruits pour les emportés dans son nid, plantés sur ses
pointes acérées ! De plus, il est alors utilisé dans la pharma-
copée, ingrédients principales de remèdes farfelus guérissant
milles maux !
Aux Etats-Unis et au Canada, la législation autorise à pos-
séder un hérisson domestique. Depuis quelques années, il y
est devenu un animal de compagnie légal très apprécié (ces
hérissons sont importés d’Afrique, élevés puis vendus dans les
animaleries…).
Au cours des siècles il a fait quelques apparitions épisodi-
ques dans d’illustres écrits (Shakespeare « le songe d’une nuit
d’été » et « La tempête »), et fit l’objet de nombreux contes
et légendes (sert de balle de croquet dans « Alice au Pays des
merveilles »).
Aujourd’hui encore, il fait rêver dans des contes pour enfant,
joue les héros dans des jeux vidéo (Sonic), ou l’acteur principal
dans des publicités (Spontex).
le hérisson- remède
Les utilisations médicales les plus saugrenues proviennent du
Moyen-âge,  dont  nous  retrouvons  les recettes  dans le livre  de 
Topsel  (1658)  « Histoire  des animaux  à quatre  pattes et des 
serpents ».
... et les dessins... ... ou la vie de tous les jours...
Micel, graphiste, accompagne les cahiers
nature culture de la FRAPNA Rhône, mais
aussi d’autres documents de la FRAPNA
Rhône, comme par exemple l’illustration
des 3
èmes Rencontres Naturalistes Rhône-
Alpes d’octobre 2005.
A cette occasion, il a réalisé « Narcisse et
un cèpe », ci-joint.
C’était le premier élément d’un
tryptique dont nous avons le
plaisir de vous présenter ci-des-
sous les deux autres éléments
« Narcisse et deux huitres » et
« Narcisse et trois oeufs ». Ceux
et celles qui comprendront le jeu
de mots associé comprendront
donc aussi que poésie, humour,
peinture et mathématique peu-
vent faire bon ménage...

Les cahiersNature - Culture 32 Les cahiersNature - Culture 33
En voici quelques exemples... à ne surtout pas suivre !
- Remède contre les coliques : faire une potion avec la peau sé-
chée et mélangée avec du poivre et une feuille de laurier. Jeter
cette mixture dans un verre rempli d’eau chaude.
- Contre les furoncles : utiliser les cendres de hérisson.
- Pour stopper la chute des cheveux, rien de mieux que de la peau
de hérisson réduite en poudre.
- Pour soigner les calculs rénaux, procéder à une fumigation d’un
hérisson cuisant, et ne pas oublier l’aide de Dieu !
- Par ailleurs, si vous vouliez augmenter votre vision nocturne, il
fallait boire, dans un verre en cuivre, un œil droit de hérisson frit
dans de l’huile de lin.
- Plus récemment, on procédait à des études de laboratoire sur la
recherche d’antidotes capable de combattre la lèpre, le hérisson
y étant très sensible.
le hérisson- outil pratique
En  tant  qu’objet  utile au 19 ème siècle, on utilisait sa peau séchée
tendue avec les piques qui donnait ainsi un solide matelas de pi-
quants servant de peigne à démêler les fibres de laine et de lin.
En outre, les fermiers de l’époque accrochaient des peaux de hé-
rissons aux sommets des portes de vergers afin de repousser les
petits voleurs. Ces mêmes méthodes étaient utilisées sur les bran-
cards de calèches pour empêcher les chevaux de s’endormir sur la route. Si le cheval avait le malheur de se pencher d’un côté en
s’assoupissant, il recevait un sévère coup de pic sur le derrière !
le hérisson- savoureux
Dans 
le célèbre  « Ménagier  de Paris  » du  14 ème siècle, nous retrouvons
une recette écrite comme suit : « Heriçon soit coupé par la gorge, escor -
ché et effondré, puis reffait comme un poucin, puis pressié en touaille et
illec bien essuyé. Et après ce rosty et mengé à la cameline ou en pasté a
la saulse de halabran. Nota que si le herichon ne se veult detortiller l’en
le droit mestre en eaue chaude et lors il s’éstendra. » Je vous l’accorde,
la compréhension du vieux français n’est pas limpide pour tous !
Plus récemment, le hérisson fut également victime d’une célèbre recette
de cuisine gitane, qui sévit encore actuellement ! L’animal était entouré
d’un morceau d’argile puis rôti dans des braises pendant une ou deux
heures. Quand la croûte argileuse se fendait, les épines restaient plan-
tées dans cette coque permettant de mettre la chaire cuisante à dispo-
sition  des papilles.  Bien  que protégé  par la loi  et malgré  l’interdiction  
formelle de sa chasse et de sa consommation, le hérisson est toujours
victime du barbecue sauvage.
Le  3  et  4  mars  2008,  dix  huit  hérissons  vivants  ont  été  retrouvés  au 
Mans  par l’ONCFS  (Office Nationale  de la Chasse  et de  la Faune  Sau-
vage) dans le coffre d’une voiture. Les deux passagers avaient prévu
leur casse-croûte de la semaine ! Les braconniers utilisaient des chiens
spécialement dressés pour la chasse aux hérissons. Avant de les tuer, ils
prévoyaient de faire jeûner les hérissons pendant 24 heures.  
... et tout se finit en chansons...
Même avec beaucoup de bonne volonté, de recherches internet, et de courriels envoyés, il
n’est pas toujours évident de trouver les bonnes personnes pour avoir les autorisations de
publication ... Là nous n’y sommes pas arrivés ! Alors en toute bonne foi, voilà la« Chanson
du Hérisson  » qui  a été  interprétée  par Georges  Brassens.  Il  s’agit  d’un extrait  du conte  mu-
sical  « Emilie  jolie » composé  par Philippe  Chatel et édité  en 1979  pour le label  RCA-Bide  et 
musique (PL 37338).
Oh ! Qu’est-ce qu’il pique ce hérisson !
Oh ! Qu’elle est triste sa chanson !
Oh ! Qu’est-ce qu’il pique ce hérisson !
Oh ! Qu’elle est triste sa chanson !
Hmmm C’est un hérisson, qui piquait, qui piquait
Et qui voulait qu’on l’caresse-resse-resse
On l’caressait pas pas-pas-pas-pas
Non pas parce qu’il piquait pas, mais parce qu’il piquait
C’est un hérisson, qui piquait, qui piquait
Et qui voulait qu’on l’caresse-resse-resse
On l’caressait pas-pas-pas-pas-pas
Non pas parce qu’il piquait pas, mais parce qu’il piquait
Oh ! Qu’est-ce qu’il pique ce hérisson !
Oh ! Qu’elle est triste sa chanson !
Quelle est la fée dans ce livre,
Qui me donnera l’envie d’vivre ?
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00340058004C0003005900440003005000B70055004800510047005500480003004B00480058005500480058005B00030022
Quelle est la fée dans ce livre,
Qui lui donnera l’envie d’vivre ?
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00340058004C0003004F00B70055004800510047005500440003004B00480058005500480058005B00030022Moi, je ne vois que moi,
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Dans ce livre l.
Moi, je ne vois que moi,
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L-l-l-l-l-l
L l-l-l-l-l-l-l-l-l-l-l
milie est allée caresser le hérisson
Elle n’est plus triste
Cette chanson
J’ai caressé le hérisson
Il n’est plus triste
Le hérisson
Elle a caressé la chanson
Mais non ! Le hérisson !
Mais non ! Le hérisson !

Les cahiersNature - Culture 34 Les cahiersNature - Culture 35
Conseil pratique si vous récupérez un
hérisson :
Le hérisson est un animal protégé dont la captivité est interdite en
France. Il  faut  posséder  une  autorisation  administrative  pour  garder 
un  animal  protégé.  Toute  captivité  induit du stress  pour un animal  
sauvage, stress qui peut le mener à la mort. Nourrir un jeune animal
est très contraignant concernant le nombre, l’horaire des apports
alimentaires  et le type  de nourriture.  Il  faut  aussi  le juste  nécessaire  
de chaleur et d’hygiène (gestion des urines et des fèces). Pour un
adulte, les hérissons peuvent être porteurs de parasites. Il 
existe  des centres  de soins  agréés  en France.  C’est  le plus  sûr 
moyen de sauver l’animal que vous aurez trouvé.
Pour trouver le Centre le plus près de chez vous, consultez le
site de l’Union Française des Centres de Sauvegarde de la faune
sauvage : http://uncs.chez.com/
N’oubliez pas de vérifier si le Centre est habilité à recevoir
des mammifères et téléphoner avant tout déplacement.
Merci à tous ceux qui ont contribué de très près ou de trè
s loin (par ordre alphabétique des prénoms !) :
Bernadette  Gilbertas, Bob  Erome,  Charlène  Dupasquier,  Christian  Maliverney,  Daniel  Ariagno,  Frédérique  Resche-Rigon,  Geneviève 
Faucon,  Gérard Hytte,  Micel, Noëlle Schoën,  Sylvie Dewasmes,  Vincent Dams…  et toutes nos excuses aux oubliés/ées.
Aux Editions Gründ.
A l’Institut Pierre Gardette des Facultés catholique de Lyon pour l’accès à leur documentation sur la linguistique.
Et à Aurélie et Jean-Luc de Comimprim.
On peut profiter de l’occasion pour parler d’une autre chanson du hérisson..
.
Terry  Pratchett  est un écrivain  anglais spécialisé  dans la Fantasy  et plus  particulièrement  dans la Fantasy  humoristique,  domaine 
où il excelle !
Dans ses «Annales du Disque Monde», (un monde plat porté sur le dos de cinq éléphants gigantesques eux-mêmes juchés sur le
dos  de la grande  A’Tuin, la  tortue  stellaire  à la  carapace  constellée  de cratères  météoritiques  ...), les  personnages  sont tous plus 
délirants, touchants et formidables les uns que les autres ...
Entre  autres,  il  y a  Nounou  Ogg, une  sorcière  ... Et  la chanson  du hérisson,  là  dedans  ? C’est  celle qu’elle  chante  quand elle a bu 
un  verre  de trop  et il semble  qu’il s’agisse  d’une chanson  à boire  plus que leste  ... Mais  Terry  Pratchett  reste toujours  très allusif,  
et du coup nous encore plus...
Lecture chaudement recommandée même si elle n’est pas scientifi
que ou naturaliste.
Correction jeu “Boule de piquants” p 26
Le hérisson fait partie des MAMMIFERES.
... et avec les enfants.
Animal symbole et logo de la protection de la Nature, le héris-
son est aussi un héros pédagogique...
Dans la mallette « Nature sans frontières » il accompagne les
activités. Sur le stand FRAPNA, il permet un jeu d’adresse et de
découverte des corridors biologiques.
Il  permet  aussi de réutiliser  des jeux  d’enfants  à l’ancienne...  la  
salière appelée aussi « cocotte ».
« combien  tu veux  ? », « trois »,  «  quelle  couleur  ? », « bleu »,  
« dis moi... le bébé hérisson ne porte aucun piquant à sa nais-
sance,  vrai  ou  faux  ? »,  «   vrai  !  mais  cela  ne  dure  pas  ! »,  « 
t’as gagné ! ».

Les cahiersNature - Culture 36
Les cahiers Nature - Culture
C’ est le hérisson, ne l ’aviez-vous pas reconnu ?
114, bd du 11 novembre 1918 • 69100  Villeurbanne • Tél. 04 37 47 88 50 • Fax :  04 37 47 88 51
www.frapna.org
www.comimprim.fr  04 78 37 79 79  •  Imprimé sur papier 100 % recyclé  •  ISBN :  2-9523695-5-0  •  Janvier 2011
Marron endormi ?
Oursin sur chemin de terre ?
Non, un vagabond !
Nos remerciements aux partenaires ci-dessous, sans qui ce document n’aurait pas vu le jour :
Direction régionale
de l'Environnement,
de l'Aménagement
et du Logement
RHÔNE-ALPES

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